Coworking (2/2) : Quels moyens de développement pour les collectivités locales ?


[Edit du 17 octobre 2015 – Note au lecteur

Cet article, grandement repris de mon mémoire de fin d’études, s’avère quelque peu daté. En effet, la réforme territoriale et la labellisation FrenchTech étant passées par là, le contexte et l’état des lieux a grandement changé. Il en va de même de la prise en compte politique de ce sujet et donc de son soutien financier, notamment en Région Lorraine. Une mise à jour ou un autre article est à prévoir]

Espace de Coworking DeskUnion à Glasgow, Ecosse

Espace de Coworking DeskUnion à Glasgow, Ecosse

Après avoir mis en évidence les intérêts du coworking pour un territoire, essayons de voir quelles actions peuvent mettre en place les collectivités afin de favoriser leur émergence.

Emergence des espaces de coworking : comment « bien » faire ?

Etat des lieux auprès de trois régions

Il apparait des éléments du chapitre précédant que le processus menant à la création d’externalités positives est intimement lié à la nature ascendante ou « bottom up » de ces lieux. Ils émergent de la société civile. Aussi la façon dont les collectivités choisissent de se saisir de la question va nécessairement influer sur l’évolution et la pérennité des espaces ainsi crées.

Pour traiter pleinement de la question, j’ai proposé dans mon mémoire d’étudier la posture des collectivités locales, dans le but d’en retenir les bonnes pratiques en terme de moyens à mettre en oeuvre. Pour cela, je me suis appuyé sur différents exemples : en Lorraine, mais aussi en Aquitaine et en Ile-de-France. Les formes d’appuis et de soutiens sous diverses, allant de la simple « reconnaissance » au soutien financier par le biais de dispositifs spécifiquement créer pour faciliter l’émergence de tiers-lieux.

Afin d’éviter un long développement, en voici un tableau récapitulatif (valable pour 2014)

Tableaucoworking

Tableau récapitulatif des dispositifs régionaux de soutien aux espaces de coworking dans les trois régions étudiées. (sources : INSEE, sites officiels des Conseil Régionaux, étude des documents des différents appels à projets, 2014).

 

De l’étude de cas entreprise, il est apparu clairement que les types de soutiens choisis par chacun de ces territoires, notamment à l’échelon de la Région, ne sont pas sans conséquence sur l’émergence d’espaces de coworking. Au delà des mises à disposition de locaux ou des facilités parfois offertes aux niveaux « infra », les Régions Aquitaine et Ile-de-France ont mis en place relativement tôt (2011/2012) des dispositifs spécifiques. Elles se retrouvent, deux années plus tard, particulièrement bien dotées en espaces de coworking, tandis que la Lorraine est, elle, en 2014 à la traîne. A cet égard, les appels à projets ou les appels à manifestation d’intérêts semblent être des outils intéressants pour favoriser la création et le développement de ces espaces.

Partant de ces exemples, tentons désormais de déduire et décrire les leviers à disposition des collectivités pour encourager l’émergence de tiers-lieux de travail.

Plusieurs leviers possibles, autour d’une place repensée des collectivités. 

Nous avons vu précédemment des exemples de politiques publiques visant à favoriser l’émergence d’espaces de coworking. Il revient ici d’en tirer la moelle et d’essayer de dessiner à gros traits les principes fondamentaux devant diriger l’action publique à l’égard de ce type si particulier de projets.

1. Une place repensée de la collectivité

Une logique « d’entremise » plus que de gestion en direct

Les entretiens des personnes engagées dans le développement du coworking sur leurs territoires dégagent un consensus assez net est tranché : « un espace de coworking ne se décrète pas ».

Ce qui semble fondamental dans la capacité d’innovations et de création d’externalités positives des espaces de coworking est que ceux-ci répondent à des besoins réels et puissent donc être gérés par les communautés qui en ont l’usage. Il faut que celles-ci puissent conserver une certaine spontanéité et auto-organisation autour des besoins et attentes des coworkers. À ce titre, il apparait essentiel que l’association ou le regroupement agrégeant cette communauté et gérant l’espace de coworking ait uniquement pour but la satisfaction des besoins des entrepreneurs. L’inclusion de structures publiques au sein de ces instances (Conseils d’administrations, Assemblées générales) peut avoir rapidement comme conséquences des objectifs qui ne seraient pas propres à la communauté, mais à une visée politique des collectivités.

Il faut donc que la place et la posture des collectivités dans le processus soient repensées. Ces dernières ne doivent pas se voir comme des maitres d’ouvrages pouvant porter des projets imposés d’espaces de coworking, mais comme des collectivités « entremetteuses ». En effet, la force des collectivités publiques réside dans leur capacité à mobiliser des acteurs différents et à disséminer l’information. A cela s’additionne un pouvoir de connexion. Les collectivités ont une vue globale du développement économique dans leur région, qu’elles sont aussi capables d’identifier les parties prenantes à impliquer dans un futur projet de coworking. Cette remarque s’applique tout particulièrement aux Conseils Régionaux, il apparait que ce sont eux qui, en France, ont été particulièrement pro-actifs et permis de sensibiliser les acteurs (privés et publics) à cette question. Les exemples de la Fonderie en Ile-de-France, ainsi que celui de la politique menée en Aquitaine vont dans ce sens.

L’intelligence de leurs démarches est d’avoir su doser leurs actions pour permettre à l’intelligence présente dans leur territoire de se révéler. La composante essentielles du coworking qu’est l’animation (que j’avais comparé à l’âme d’un espace) ne peut se réaliser que lorsqu’on laisse la communauté s’exprimer et décider d’elle-même, de façon ascendante ses orientations.

La nécessité d’un tiers de confiance

L’élément marquant des deux cas régionaux étudiés est que leur politique en faveur des espaces de coworking n’est pas gérée en propre par les Conseils Régionaux. Dans le cas de l’Ile-de-France il s’agit d’une agence parapublique ayant vocation à développer les pratiques numériques. Dans le cas de l’Aquitaine il s’agit d’une coopérative constituée des personnes identifiées comme les pionniers et experts de la question du coworking dans la Région.

Aussi, la question soulevée par ML. C de l’importance d’un tiers de confiance, favorisant l’intermédiation entre les services administratifs classiques et les entrepreneurs / indépendants semble pertinente. En effet, au delà de ne pas « parler la même langue », les codes ne sont pas les mêmes. Un exemple parlant est que le coworking est caractérisé par le règne de l’informel alors que l’administration peut être dans l’excès inverse.

Ainsi, il peut apparaître compliqué pour une collectivité locale de mener en direct des projets en faveur d’espaces de coworking, l’existence ou la mise en place d’un tiers de confiance afin de faciliter les échanges entre porteurs de projets et collectivités peut s’avérer utile.

C’est uniquement dans le cadre d’un certain « lâcher prise » et d’une confiance donnée aux porteurs de projets / coworkers, que les collectivités doivent penser leurs actions. A défaut, il est fort probable que les espaces envisagés ne sauraient générer les innovations et externalités positives que nous avons déjà décrites.

2. Des actions, à différencier en fonction de l’échelon territorial.

Voici donc les grand points qui, selon moi, ressortent de mes recherches sur les modalités d’actions que peuvent mettre en oeuvre les collectivités.

Il s’agit d’un inventaire généraliste qu’il convient regarder en fonction du territoire où l’action publique est envisagée. En effet, nous l’avons dit, un processus ascendant est nécessaire et celui-ci peut s’appliquer dans la mise en place des politiques publiques en rencontrant les acteurs du coworking et en adaptant les actions à leurs besoins (actuels ou à venir).

Soutien à l’essaimage et à la mise en réseau

Il est apparu dans le cadre de mes recherches que la question de l’essaimage et de la mise en réseau était tout à fait primordiale. En effet, au même titre que des coworkers enrichissent leurs connaissances en échangeant leurs expériences, le gérant d’un espace déjà ouvert peut apporter beaucoup dans le retour d’expériences et le conseil auprès de porteurs de projets ou des collectivités. Cela permet aux uns et aux autres d’entamer une sorte de démarche qualité et de leur éviter de reproduire les erreurs déjà commises par d’autres, de même qu’à terme un réseau actif d’espaces de coworking sur un même territoire peut permettre d’assurer la pérennité de chacun des espaces.

Aussi, il peut appartenir aux collectivités d’identifier et de soutenir un ou plusieurs gérants d’espace, devenus experts par l’usage, pour leur permettre de diffuser et expliquer l’idée de coworking, mais aussi de structurer la mise en réseau des différents espaces entre eux.

Concrètement le soutien de la collectivité (« entremetteuse ») peut se faire en mettant les acteurs en relation de façon informelle ou en organisant des évènements permettant aux communautés de se rencontrer. C’est la démarche entreprise en Ile-de-France via l’organisation par La Fonderie de « Meet-Up » et du Cowotour, visant à la rencontre informelle. La Région Aquitaine est allée elle plus loin en finançant deux créatrices d’espaces pour qu’elles puissent essaimer et partager leurs expériences, avant d’inclure dans son Appel à Manifestation d’Intérêt un encouragement financier à la mise en réseau.

Cette action s’avère être la plus simple à mettre en place : elle est peu coûteuse et ne nécessite, dans sa plus simple expression, qu’un partage de carnet d’adresse et une reconnaissance bienveillante des actions portées. Il est à par ailleurs à noter que pour les territoires souhaitant développer un espace, ce type d’évènements autour du coworking permettent d’identifier les personnes intéressées qui pourraient devenir porteurs de projet.

Aide à l’ingénierie de projet

Il est important dans le montage d’un espace de coworking de partir des besoins présents sur un territoire, les acteurs privés souhaitant porter un tel projet n’ont pas toujours les compétences ni les moyens de mener un diagnostic à ce sujet. Or, en absence d’une démarche cohérente de la part du porteur de projet, de l’analyse réelle des besoins, de l’agrégation d’une communauté, de l’élaboration d’un budget prévisionnel réaliste…c’est l’ensemble du projet qui peut s’avérer bancal et non pérenne.

C’est pourquoi, les collectivités peuvent éventuellement aider le ou les porteurs, à structurer leur proposition. Soit en offrant des compétences en interne de ses propres services, soit en externalisant le conseil à des agences parapubliques (agences de développement, d’urbanisme, chargées du numérique…) voire à des sociétés privées.

Les premières options ne nécessitent pas de mode de financement particulier, puisque celui-ci se fait sur les budgets de la collectivité ou de l’agence ayant cette compétence. Mais la troisième suggère la facturation de prestations de conseils, ce qui peut poser problème si cette somme doit reposer sur les épaules du porteur de projet.

Mise à disposition de locaux

Trouver un local peut s’avérer compliqué pour un groupe de personnes souhaitant créer un espace de coworking. Au dela de la réticence parfois constatée des propriétaires, il s’agit surtout du premier poste de dépense d’un espace. En parallèle, il n’est pas rare que les collectivités aient des réserves foncières dont elles ne savent que faire, ces dernières peuvent donc choisir de proposer la mise à disposition (gratuite ou onéreuse) d’un espace. Nous l’avons vu dans les exemples Bordelais et Messins, cela permet de faciliter et soulager grandement l’émergence d’un tiers-lieu. Cependant, il faut que ces locaux correspondent aux besoins et attentes de la communauté souhaitant ouvrir l’espace, aussi bien en terme d’emplacement que d’aménagement. Il importe notamment qu’il soit laissé aux membres la possibilité de s’approprier les lieux, en leur permettant de les aménager à loisir, d’éventuellement engager des travaux.

Aide au financement

Les subventions peuvent porter sur deux sortes de dépenses. Celles d’investissement, permettant l’ameublement, l’installation, l’achat du matériel nécessaire à l’espace, ou celles de fonctionnement : permettant de financer les charges locatives, l’animation du lieu…

Les collectivités sont libres d’adapter leur règlement d’intervention sur les points leur semblant les plus utiles. Cependant, « l’espace » et « l’animation » sont deux des trois piliers du coworking, il m’apparait important de ne pas en border l’un des deux en limitant les financement aux seuls investissements. Il s’agit certes de la démarche entreprise en Ile-de-France, afin de ne pas « rendre dépendants » (entretien avec G.O) les espaces subventionnés, mais elle m’apparait moins adaptée à des espaces non urbains. Les espaces de coworking ruraux ont plus de besoin de se rendre attractif, l’animation du lieu en est un des éléments. C’est pourquoi la démarche de la Région Aquitaine ouvrant les financements aussi bien sur les investissements que le fonctionnement me semble plus adaptée et plus souple.

Les logiques d’appels à projets ou d’appels à manifestations d’intérêt (logiques généralisées aux échelons régionaux et départementaux) semblent toutes deux d’égal intérêt. La première permet, dans un laps de temps défini (généralement de plusieurs mois), aux porteurs de candidater et, sous condition de répondre aux critères définis par la collectivité, d’être sélectionnés par un jury octroyant un financement. La seconde, telle que développée par la Région Aquitaine permet peu ou proue la même chose, mais sur un temps plus long, inscrivant ainsi sa politique dans la durée et évitant le portage de projets « pressés » par une échéance trop courte.

Au final, ce qui me semble important dans les politiques de financement n’est pas tant le nom du cadre, que son étendu et sa clarté. Les modalités doivent laisser la place à une certaine spontanéité dans l’émergence de ces proiets, favoriser l’amorçage et être lisibles par les porteurs de projets.

L’ouverture des financements doit être assez large. En limitant les subventions à certaines structures, il ne s’agirait pas de conditionner ou favoriser le financement de structures ex nihilo, incluant dans leurs instances collectivités locales, pôles de compétitivités ou fédérations d’entreprises, mais de favoriser des associations d’entrepreneurs individuels ayant le soutien, externe, de collectivités ou autres groupements. Ce qui importe n’est pas tant le contenant que le contenu du projet, il ne faudrait donc pas brider la capacité d’invention des porteurs de projets en raison de leur statut juridique. Pour paraphraser Musset : « qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse ». De même, il ne s’agirait pas de conditionner le financement à la création directe d’emploi. Les espaces n’embauchent pas tous de salariés pour animer leur espace, pourtant nous l’avons vu, ils sont des lieux de support à l’emploi et favorisant le développement économique.

En temps de restrictions budgétaires et alors que les espaces de coworking ont vocation à s’auto-financer, il faut que les aides financières mises à disposition de ces tiers-lieux visent leur amorçage. Elles doivent être limitées dans la durée et à certaines dépenses. Cette stratégie permet de responsabiliser les acteurs par rapport à un système de subventions plus classique et elle constitue un mode de financement davantage pérenne. Je l’ai dit, il me semble inopportun de choisir et flécher les aides uniquement sur des dépenses dites d’investissement ou de fonctionnement, l’amorçage d’un espace entremêle les deux : il faut un investissement matériel dans le lieu, mais aussi humain dans l’animation. Il s’agit d’édicter des critères de « dépenses éligibles » plus fins, tels que ceux proposés par la Région Aquitaine. Elle finance aussi bien « les frais de personnel, les dépenses liées au développement ou à l’achat d’outils, le coûts des services de consultants ou prestataires, les dépenses liées aux activités de design des lieux, les coûts de communication, les frais généraux supplémentaires » mais ceux-ci dans la limite des « activités d’études de faisabilité et de lancement d’un espace ».

Enfin, il me semble également essentiel que le dispositif de subvention et de financement soit transparent et clair. Cela s’entend aussi bien au niveau d’une collectivité que de l’ensemble des échelons territoriaux, c’est pourquoi il me semble important qu’au sein d’un même territoire chaque collectivité clarifie ses compétences et ses choix d’actions.

3. Des actions et des compétences à se répartir sur le territoire

Il semble important de préciser que toutes ces actions et toutes ces aides ne peuvent pas être mises en oeuvre de la même façon en fonction de l’échelon territorial dont on parle. Nous nous sommes attardés sur le cas des Conseils Régionaux et de leurs subventions, ces derniers ayant pour compétence le développement économique,. Mais les orientations des collectivités aux échelons inférieurs peuvent être différentes et conditionner d’autres leviers.

TableauéchelonsterritoriauxCe tableau résume la situation telle qu’elle m’apparait.

Les Conseils Régionaux peuvent donc à la fois mettre en réseau les acteurs au niveau régional et permettre leur financement via des appels à projets, ils peuvent pour ce faire mettre en avant leur compétence et objectifs en matière de développement économique et de gestion des transports.

Les Conseils Généraux n’ont eux pas de réelle compétence de développement économique. C’est pourquoi l’entrée pouvant être choisie par eux pour aider au développement des espaces de coworking est celle de l’Economie Sociale et Solidaire. Ils peuvent le faire par appel à projets ou AMI. Ils ont en outre la capacité d’aider à la mise en réseau des acteurs du coworking avec les autres acteurs de l’ESS à l’échelle du département.

Les Communautés de communes (ou EPCI) ont également des compétences en matières de développement économique et de gestion des transports urbains, deux raisons pouvant justifier leurs actions en faveur de l’émergence d’espaces de coworking. Les EPCI sont d’ailleurs les collectivités permettant la meilleure mise en réseau entre les acteurs économiques à l’échelle d’une agglomération, mais elles peuvent également disposer de foncier disponible pour héberger un espace ou encore de fonds pour les subventionner.

Enfin, les communes ou les villes peuvent arguer de leurs compétences en matière économique, mais aussi d’action sociale pour aider à l’émergence d’un tiers-lieu (pour leur  bénéfice en matière de création de lien social). La mise en réseau, la mise à disposition de locaux ou encore le subventionnement sont des outils qui leurs sont ouverts.

Nous le voyons, les compétences s’entrecroisent, ce qui n’est pas sans poser des problèmes en matière de lisibilité. C’est pourquoi il m’apparait important que les Conseils Régionaux soient, dans ce type de problématique, à la manoeuvre. En effet, ce n’est qu’en se positionnant clairement sur la question du coworking que les Conseils Régionaux parviennent à donner un signal clair aux échelons inférieurs, leur permettant de se positionner et de questionner leur politique en la matière sur leur propre territoire. L’émergence d’espaces de coworking nécessite un processus ascendant, mais paradoxalement pour que l’action publique puisse être coordonnée à tous les échelons il m’apparait que l’impulsion doit être donnée par l’entité régionale.

Conclusion

Nous avons pu voir dans ces deux articles que les espaces de coworking répondent à des besoins de télétravailleurs, mais aussi à ceux d’entrepreneurs individuels tentant d’explorer de nouvelles façons de travailler (et de vivre) autrement. Ces lieux, mêlant espace de travail, communauté et animations, génèrent des relations et des interactions  complexes mais tout autant bénéfiques aux coworkers qu’à la collectivité. Lieux de création économique et d’innovation, ils ne peuvent pour autant pas être décidés et décrétés par une collectivité. L’alchimie, propice à créer tant d’externalités positives, repose en effet sur un processus ascendant émanant de la société civile, ce qui incite les collectivités à revoir leur façon d’envisager de tels projets. Ainsi, parfois tentées de créer de nouveaux espaces de coworking, celles-ci doivent partir du terreau existant pour identifier d’éventuels coworkers / porteurs de projets et les accompagner. En leur absence, il est inutile d’envisager le montage d’un espace. Mais si jamais des volontaires sont identifiés, l’accompagnement que peuvent proposer les collectivités peut être multiforme. Les modalités de financement classiques doivent notamment être adaptées à ces structures, non obligatoirement associatives, ni nécessairement employeuses.

Bien que deux espaces de coworking aient émergé en Lorraine, notre région semble avoir pris du retard. Les politiques locales en la matière ne sont pas concertées et se révèlent inadaptées au soutien de ce type si particulier de projets. Pourtant, avec les déplacements quotidiens de 100 000 frontaliers allant travailler au Luxembourg, en Allemagne et en Belgique et l’augmentation dans ces pays du télétravail, notre Région aurait tout à gagner à favoriser l’émergence de lieux pouvant accueillir de nouveaux télétravailleurs. De même, l’adoption de cette nouvelle organisation du travail, vectrice d’innovation, pourrait être vue comme une opportunité à saisir pour l’Université de Lorraine. La candidature du Sillon Lorrain au label « FrenchTech » semble faire naître un début de réflexion sur le sujet. Elle va peut-être amener les pouvoirs publics à se saisir de la question ici traitée. Pour autant, quels en seront les acteurs ? Quelles sera la démarche adoptée ? Un tel contexte métropolitain ne risque-t-il pas de cantonner aux seuls espaces urbains l’émergence d’espaces de coworking ?

Autant de questions, que je n’ai pu traiter ici, qui restent ouvertes et trouveront certainement leurs réponses dans l’avenir.

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